Voila, donc nous rentrons de Gruissan où nous avons passé le week-end.
Samedi matin nous avons finalisé l'achat du voilier : papiers divers et rencontre avec le propriétaire, un professeur de français retraité plutôt sympa malgré son collier de barbe à tendance gauchiste.
J'ai bien dit "professeur de français"... et oui, vous l'aurez deviné c'est donc Jean-Marie (parce que oui, il s'appelle Jean-Marie) qui a eu l'excellente idée de donner à ce pauvre bateau le petit nom de "Belami". "Belami ; une référence de la littérature française" nous a-t-il lâché... Mais oui Jean-Marie, nous sommes tous fans de Maupassant... en tous cas, merci pour ce nom de merde !
Une fois les papiers signés, nous partons au port pour que le brave Jean-Marie (que nous sentons plutôt émotionné à l'idée de la séparation qui l'attend) nous donne quelques conseils. Il nous explique précisément son bateau, ses astuces, ses combines de vieux loup des mers.
JU et moi buvons ses paroles. C'est la première (et dernière) fois que nous sommes aussi attentifs à des conseils de communiste ! Ce vieux syndicaliste nous fait nous rendre compte que nous devrons encore bucher nos bouquins avant de comprendre comment tout fonctionne !!
A vrai dire, nous ne faisons pas trop les malins : nous venons d'acheter un bateau sur lequel pas mal d'éléments sont à maîtriser : matériel électronique (pilote automatique, sondeur, panneau solaire, tableau électrique, VHF, BLU...), voiles, moteur, bouts, safran, poulies, baille à mouillage, pataras, hauban... vous l'aurez remarqué : en plus de la partie technique que nous devrons étudier, nous devrons commencer par apprendre le "jargon".
Donc voila, il est 13H00 Jean-Marie reprend sa voiture et s'en va. Nous nous retrouvons alors comme deux couillons dans NOTRE petit bateau. Nous avons passé une bonne heure à tout checker : matériel de sécurité, etc...
Puis nous décidons de faire notre première sortie. Nous prenons le chenal pour sortir du port. Dans le chenal, vent arrière, nous envoyons le génois (= « voile de devant » pour ceux qui n’ont pas encore buché le vocabulaire). Nous sommes à ce moment là, les plus heureux du monde. Assis comme deux couillons à 6km/H dans le cockpit, remontant le chenal, sous un temps pourri… nous profitons alors pleinement de nos premiers moments de navigation ! Petite boucle en mer puis retour au port... pas plus… une grosse après-midi "achats" nous attend !
Nous filons chez Décathlon, puis dans plusieurs shipchandlers (= « magasins d’accessoires de bateau » pour les mêmes qui ne comprennent rien) puis chez Carrefour, etc... Vers 20H00, la voiture pleine de « matos’ », nous cherchons un petit hotel dans le coin. Nous passons la nuit dans une maison d'hotes sympa sur les hauteurs du Cap d'Agde (rien de dispo plus proche…).
Dimanche matin, retour à Gruissan. Nous passons 2 bonnes heures dans le bateau pour déballer, installer, fixer... le matériel.
Vers midi mes parents et frères et soeurs nous rejoignent... impatients de découvrir Belami. Nous sortons en mer avec eux vers 13H00. Attention, gros temps ! Selon la capitainerie vent « force 5 » et mer « de peu agitée à agitée ». C’est pas grave, nous sortirons coûte que coûte… nous sommes tous excités à l’idée de défier les éléments et sur motivés par l’effet nouveauté, nous oublions le fait qu’aucun d’entre nous ne maîtrise réellement le sujet. Nous voilà donc dans le chenal, puis en mer. Effectivement le vent est costaud. Finalement, nous arrivons à manœuvrer à peu près correctement… en tous cas suffisamment pour passer une bonne après midi à tirer des bords, puis pour rentrer au port.
Au port : grand nettoyage, rangement, nous préparons notre BELAMI CHALLENGE pour le convoyage jusqu’à Barcelone. Mes parents & frangins/ines nous quittent. Dernières vérifications de protection et d’amarrage, puis nous prenons la route vers Barcelone... nous rentrons à la maison... Belami passera sa dernière semaine tout seul, loin de nous... Ciao Belami.
Les commentaires récents