Du dimanche 19 eu 26 . Retour ... Après 2 jours à Carnon plutôt festifs, nous partons vers le
Cap d'Agde. Nous faisons cette courte escale avec Béber et Vaness que nous
larguons au Cap.
Changement d'équipage : nous embarquons Xave, mon frère.
Objectif : passer le Cap Creu avant que le vent de se lève ! Pour changer, la
météo est capricieuse. Nous sommes mardi, il est 18H quand nous partons du Cap.
La météo annoncée pour le lendemain est très peu engageante… avis de coup de
vent, etc… Nous décidons donc de tracer toute la nuit pour tenter de franchir
le Cap Creu tant que la météo le permet. Cette fois, et contrairement à l’aller,
nous longeons la cote. Nous sommes à moitié rassurés par la météo et savons
par expérience, qu’être short en essence est une situation plutot pénible à gérer (nous en sommes déjà à 2 belles pannes d'essence)…
Bref, nous prenons de l’essence vers 2H du matin et poursuivons notre route.
Nous franchissons le Cap Creu vers 10H.. RAS. Julie et Xavier
sont en cabine et se tapent une bonne sieste. J’avoue qu’ils se sont cognés une
bonne partie de la nuit à la barre… moi au contraire, j’ai pas mal dormi...
repos bien mérité pour les pauvres petits…
La situation est donc pépère… mais à peine
passé ce foutu Cap et arrivés au niveau de Cadaques, le vent commence à
sérieusement se lever… le bruit des voiles qui s'agitent et de l'accastillage qui tape contre la coque réveille Ju & Xave. Nous nous équipons chaudement et
constatons avec une légère appréhension que le vent se lève de plus en plus… la
mer commence à être bien formée et l'écume des vagues passent parfois par dessus la coque et vient finir sur nos pauvres tronches. Les bateaux se pressent de se mettre à l'abri dans les criques alentours… nous croisons
même la vedette des secours ! Je décide de poursuivre notre route pour entrer au plus vite en baie
de Rosas… Là, j'imagine que nous serons dans tous les cas pas trop mal abrités et puis si le temps se corse vraiment, j’aime autant être au port
plutot plutot que'au mouillage dans une crique.
Nous poursuivrons finalement notre
route jusqu’à La Escala… nous prenons des paquets d’eau sur la gueule et
sommes trempés. Au milieu de la baie de Rosas nous sommes les seuls en mer. Nous avons
pris deux ris et avançons assez rapidement... pures sensations d’aventure… c’est trop bon !
Nous passons l’après midi à La Escala et repartons le lendemain. Jusqu’à
Palamos, rien à signaler, nous faisons notre bout de chemin tranquille… ça sent
la fin de vacances… pas bon.
Vendredi nous arrivons à Palamos. Jeff et Martine viennent à
notre rencontre. Le vent s’est vachement levé, mais la mer est très bonne. Nous
battons notre record de vitesse : 8,7 nœuds avec deux ris de pris… ça souffle ! Arrivée au port de Playa de Aro, amarrage, nettoyage rapide
et bon resto à Playa.
Xavier prend le train samedi matin pour revenir à Castres.
Julie et moi repartons pour notre ultime étape vers Barcelone. Le temps est
dégueulasse, vent de face… nous en avons marre. Nous allumons le moteur et
galérons à 2 nœuds à fond, face au vent. Nous ferons finalement escale dans un
port à 5 heures de Barcelone et finirons dimanche sous les orages.
Dimanche 12 aout 6H00... Nous arrivons enfin au port de Carnon. Il est 6 heures du matin, nous sommes un peu crevés. Nous venons de passer 25H en mer. Les conditions ont été excellentes toute la journée : vent arrière, nous avons réalisé une moyenne plus que correcte… jusqu’à 23H. Nous pensions arriver vers 2H du matin, mais une fois tout près des côtes ; plus de vent. Plus du tout de vent… et plus d’essence. Nous avons donc mis 7H pour faire les derniers milles. Comme d’habitude de nuit nous nous relayons. Mais à deux, les quarts sont difficiles... Finalement à proximité du port, nous rallumons le moteur et comptons sur le petit litre d'essence que nous avions gardé. Nous nous amarrons rapidement et nous endormons… enfin arrivés ! L’objectif est atteint nous sommes hyper contents…
Samedi 11 aout 5H00... Nous venons de passer presque une semaine en baie de Rosas… Le vent n’a pas faibli pendant 4 jours. Des bulletins d’alertes sont annoncés en France. Nous ne sommes pas les seuls à être bloqués. Nous en profitons pour nous reposer, puis un ami nous rejoint pour deux jours : visite des Iles Medes, nuit a L’Estartit… Nous le ramenons vendredi soir à Rosas… Là, la capitainerie nous indique qu’il n’y a plus de place au port. Il est 19H et le vent se lève… ça souffle vraiment pas mal. Le moral n’est pas au top. Si demain nous ne pouvons pas passer le Cap Creu, notre périple est foutu… Nous quittons Rosas et nous dirigeons alors vers Ampuria Brava. Il fait froid, le vent souffle fort, la mer est moche… nous pensons à une seule chose : se barrer de cette foutue baie !! A Ampuria, le moral revient. Notre emplacement est super bien abrité, devant des restos… très sympa. Une fois amarrés, je consulte la météo : j’ai l’impression que nous pourrons partir le lendemain... le temps semble se calmer. A la capitainerie, un type nous refroidit un peu et nous déconseille de partir… Finalement à 5H00 et après avoir à nouveau consulté la météo, nous décidons de partir. La nuit est sombre. La marina d’Ampuria est endormie. Seul le murmure de notre moteur ridicule perturbe cette atmosphère calme, presque lourde. Nous sortons du port, direction Cadaques. Un réel mélange de joie, de doute, d’inquiétude, d’excitation nous envahit.
Mardi 07 août 9H00... Nous quittons L’Estartit direction Rosas ou Cadaques.
Nous approchons du Cap Creu. J’en ai déjà parlé sur ce blog… c’est l’un des passages « chauds » de la Méditerranée. Quand nous avions descendu Belami de France, nous avions découvert le Cap Creu version calme, presque inanimé. Cette fois, je m’attends à quelque chose de différent. Aujourd’hui le vent souffle : prévisions de force 5, rafales à 6. La houle et le vent viennent de Nord Est. J’hésite un temps à entrer en baie de Rosas pour longer les cotes et rester à proximité d’un abri en cas de durcissement du vent. Finalement nous tracerons tout droit vers Rosas. Je sais en effet que nous avons le port de La Escala dans le dos. Si les conditions devenaient plus dures, dans tous les cas, le plus facile serait de se mettre en vent arrière et donc de faire demi tour pour arriver directement à La Escala. Vers 13H ; le vent durcit. Nous prenons un ris, puis deux. Nous réduisons également le génois grâce à l’enrouleur. En 3 minutes, les voiles étaient réduites, le cockpit était rangé, les affaires calées à l’intérieur… en fait, nous manquions presque de voilure par rapport aux conditions que nous avions au moment où nous avons achevé nos manœuvres, mais je préfère rester « sous-voilé ». Au loin le ciel a une sale gueule : au dessus d’Ampuria Brava (à l’Ouest), j’ai l’impression qu’il pleut ; le ciel est très sombre. Au Nord Est, c’est pire : une barre de nuages noirs bouche l’horizon. Maintenant, c’est la tramontane qui souffle, c’est un vent de Nord Ouest. Dans cette direction, le ciel est dégagé… j’espère donc que nous ne prendrons pas d’orage sur le coin de la tronche. Nous ne sommes plus qu’à 2 miles. Je décide d’allumer le moteur pour aller un peu plus vite. Je n’ai pas envi de me faire rincer. Moteur + voiles + vent… nous arrivons très rapidement à Rosas. Douche au port, puis dîner au resto. En revenant au bateau, la grande question est de savoir si nous partons le lendemain pour passer le Cap Creu et arriver en France ou si nous attendons. A minuit au port, le vent est nul… ça donne envie de profiter de la nuit pour passer « en douce ». Je regarde la météo sur Internet… le vent doit souffler toute la nuit. Nous allons à la capitainerie. On nous dit alors que le mieux est d’attendre 5H du matin. Nous pensons aussi qu’il est plus malin de partir avec le jour ; surtout si nous devons nous mettre dans une crique pour laisser passer le mauvais temps. Nous discutons avec le mec de la capitainerie… au final, nous ne sommes toujours pas décidés. Nous rentrons au bateau. Il est une heure du matin. Nous attendons la météo à la VHF. Un quart d’heure plus tard, le verdict tombe. En France, vers Collioure, Perpignan, etc.. les vents sont violents. Dans ces conditions, je ne souhaite pas partir. Nous attendrons donc demain de voir comment la météo évolue.
Lundi 06 août 13H00... Nous quittons Playa de Aro direction L’Estartit. Le vent est là : force 4/5, venant du nord… Nous l’avons donc de face et sommes obligés de tirer de longs bords. La mer est hachée, le temps est maussade, la coque tape sur les vagues et lève de petits paquets d’eau que le vent rabat directement sur nous… très rapidement nous sommes trempés. Bref, la journée ne s’annonce pas relax ! Finalement, dans l’après midi le vent tombe légèrement. Nous sommes toujours à la voile, la mer est plus calme et vers 16H le soleil se faufile enfin entre les nuages… cool ! Nous arrivons à L’Estartit vers 19H00. Nettoyage de Belami, rangements, puis douche et resto.
Vendredi 03 août 21H00... Nous quittons Barcelone direction Playa de Aro. Pour cette première étape, nous sommes 3 à bord : Julie, Doudou et moi. Pendant la nuit, nous nous relayons : Julie commence, je prends la relève, puis Doudou fait le dernier quart. Un vent de sud nous pousse paisiblement toute la nuit. Vers 10H, nous arrivons au niveau de Playa. Nous avons parcouru 50 miles. Les parents de Julie viennent en bateau à notre rencontre… nous parcourons les derniers miles cote à cote.
Nous passerons un weekend relax à Playa.
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